Note de mise en scène · Éric Vigner · LA MAISON D'OS

Note de mise en scène · Éric Vigner · LA MAISON D'OS
Notes de mise en scène
Document de répétitions
Éric Vigner
1990
Compagnie Suzanne M. Éric Vigner
Langue: Français
Tous droits réservés

NOTES POUR LA MISE EN SCENE

ÉRIC VIGNER · 1990

Le parti pris de mise en scène veut aller contre un imaginaire poétique qui vient immédiatement à l'esprit quand on parle du théâtre de l'absurde. Pour cela, je crois qu'il faut tout d'abord s'attacher à mettre en scène la fable dont Roland Dubillard parle dans sa préface :

"L'agonie d'un vieillard très riche, sans famille, entouré d'une quarantaine de domestiques, pour qui la question n'est pas là."
"L'action, ou l'inaction se passe dans une maison trop belle et trop vieille isolée du reste du monde."

Cette maison existe vraiment, nous l'avons trouvée, c'est notre théâtre : une ancienne manufacture de matelas sur trois étages, coiffée d'une verrière, fantastique décor naturel pour notre spectacle.
Comme face à une maison de poupées, le spectateur pourra suivre la progression des acteurs qui joueront réellement "dans un espace surtout vertical de la cave au grenier".
Seuls quelques éléments de mobiliers (lits, tables, cuisinières, etc....) désigneront les différentes pièces de la maison.

Dans cette maison vivent les domestiques. Ils y ont chacun une fonction (le valet de bois, le majordome, ....).
À chacune d'elle correspond un "uniforme". (le personnage n'existe pas en dehors de sa fonction). Ainsi, les costumes rendront compte de cette réalité domestique.

En ce qui concerne l'éclairage, il sera plutôt "réaliste", surtout pas onirique, provoqué généralement dans le jeu, par les acteurs.
Les sources lumineuses proviendront d'objets réels (lampes, lustres, abat-jours) installés de l'espace.

Pour le son, nous garderons le même principe.

Il me semble que c'est à partir de ce travail sur des situations "réalistes" ou "naturalistes" que se révelera, par contraste et d'autant plus fort et vrai, la profondeur métaphysique et la poésie de ce texte.